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Music

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"Rencontre avec le camerounais François Essindi: Conteur, comédien, musicien et percussionniste!"

Rencontre avec le camerounais François Essindi: Conteur, comédien, musicien et percussionniste!
Par Idriss Linge - 06/01/2010
"Pour participer aux productions actuelles on a besoin de musique initiatique"


© Journalducameroun.com
Ngomo/ harpe traditionnelle

Qui est François Essindi ?
François Essindi est un Camerounais qui est né dans un village qu’on appelle Ekoudou (Région du Centre, aux environs de Yaoundé), fils d’un chauffeur de camion. Un camerounais artiste, qui s’intéresse à la tradition, la tradition africaine. Je vis à Paris depuis un certain moment et ai aussi une vie au Cameroun où il y a tout le reste de ma famille, mes amis.

Racontez-nous votre première rencontre avec le Mvet.
Euh… ! Le Mvet, je l’ai en souvenir, parce que lorsque j’étais petit, j’avais assisté à une soirée racontée par un joueur de Mvet. Ce jour-là, j’avais été très marqué, après j’ai assisté à plusieurs autres soirées de conte. Le Mvet, c’est une histoire qui m’interpelle et j’aimerais participer à le faire traverser l’histoire.

Comment est né vote groupe ?
Le groupe Abakuya est né de cette recherche vers l’autre, pour donner ce que j’ai et apprendre ce que je vois des autres. J’ai rencontré à Genève en suisse, en 2005, Jimi Sofo, un bassiste australien, lors d’une tournée, et on a discuté, on a joué ensemble et on s’est donné rendez-vous à paris. Deux mois plus tard, je suis retourné à paris nous avons rediscuté pour travailler ensemble. Mais pour cela, il fallait qu’on parte au Cameroun afin qu’il découvre la culture que je mentionnais dans nos conversations. A notre retour du Cameroun, nous avons décidé de monter le projet ; que j’ai nommé Abakuya.

Que signifie Abakuya ?
(Rires) Abakuya c’est le cri, c’est l’ultime, c’est la danse, une culture parce que si vous vous rendez au sud du Cameroun vous allez trouver des danses qu’on appelle Abakuya. Et lorsqu’on qu’on voulait faire peur aux enfants qui pleuraient la nuit, on leur disait qu’Abakuya vas venir. Mais la véritable histoire d’Abakuya est plus lointaine encore. Dans une lointaine tribu africaine, il parait qu’il y’avait des moments où les gens ne comprenaient plus ce qui leur arrivait, alors ils invoquaient un masque qui sortait de nulle part et se mettait à danser et lorsque le masque re-disparaissait, il laissait derrière lui joie et gaîté. Ces gens reprenaient un refrain «Abakuya sors de la maison et apporte nous la joie eheyié, Abakuya bakuya, abakuya cinéma», ainsi, lorsque les gens ne comprenaient plus rien il l’invoquait.

Il parait que vous avez inventé le Mvet avec archet?
C’est toujours dans l’optique de faire traverser les âges aux instruments et à nos cultures, que j’essaie de les adapter. Si nos ancêtres vivaient encore, je leur aurais expliqué ce besoin de modernisation des instruments. En ce qui concerne le Mvet, je l’ai confectionné de façon à ce qu’on puisse le jouer avec un archer (instrument du violon). Il est en même temps Mvet, et violon. J’ai réduit le nombre de calebasses pour n’en garder qu’une seule.


© Journalducameroun.com
La scène est son univers

Est-ce que vous pensez que vous faites de la musique initiatique ?
Personnellement je suis en train de faire… (Rires) ça me flatte un peu cette question. J’aimerais faire une musique initiatique s’il faut le faire. Mais aujourd’hui il y’a un problème c’est qu’il faut participer aux productions actuelles et on a besoin de partir d’une musique initiatique. Je veux dire que je voudrais partir d’une musique initiatique, pour participer aujourd’hui afin d’avoir un futur meilleur.

A partir de quel moment vous êtes-vous dit je veux faire ça ?
Je suis ce que j’ai rêvé d’être, je voudrais juste être le porteur de quelque chose. Mais mon plus gros rêve c’est que des décennies après qu’on puisse toujours parler de cette tradition africaine, du Mvet, de cet art de vivre. Aujourd’hui je peux dire que j’ai toujours voulu faire ça depuis mon enfance, mais vous savez dans la vie il y’a beaucoup de chose à négocier, comme par exemple des diplômes pour les parents et autres. Je n’ai fait que négocier pour arriver à mes fins d’aujourd’hui. Il faut croire, avoir l’espoir que les gens écoutent et vous donne raison un jour.

Et dans le processus de négociation vous avez fait quoi ?
J’étais dans une école, une école adventiste, à sept kilomètre du village. Je ne suis pas allé à celle de mon village parce qu’on disait que l’enseignement n’y était pas de bonne qualité. Petit à petit d’autres parents ont aussi envoyé leurs enfants dans cette école (l’école adventiste d’Alem, dans les environs de Sangmélima). Donc, nous étions du coup plus nombreux à partir et à rentrer pour l’école. Ça c’est toute une histoire que je reprends dans mes chansons. A 11 ans j’entre au collège à Sangmélima, une vraie rupture pour moi qui étais attaché à mon village et mes grands-parents. Je me rends ensuite à Douala au collège INTEG et à un moment je suis venue à Yaoundé pour être boxeur. Mais je ressentais toujours comme un manque, une insatisfaction, j’avais la même chose dans la tête, je repoussais toujours. Et un jour un ami me dit comme tu parles toujours d’artiste il faudrait faire un tour à l’ensemble nationale, et il y avait des artistes. L’un d’eux, Aoulaoula, paix à son âme, m’a approché et on a discuté et puis un jour j’ai participé au RETIC où j’ai gagné un prix. Puis les festivals se sont enchaînés, Carthage, Allemagne, et je suis revenu. Je faisais le théâtre, mais je conservais le souvenir de certaines musiques ; Cependant, je ne pouvais pas le dire à mes parents, je vais chanter ; à l’époque ça ne représentais rien. J’ai fini par monter un groupe musical, nous sommes partis en Côte d’Ivoire et là quelqu’un nous a approché et nous a proposé d’aller jouer en Allemagne. Moi je voulais toujours revenir au Cameroun, mais c’était dur et mes compagnons sont partis.
- Par Idriss Linge - 06/01/2010


"Il est le seul chanteur au monde à jouer du jazz avec le Mvet un instrument traditionnel du Cameroun"

Par Idriss Linge - 05/06/2011
Il est le seul chanteur au monde à jouer du jazz avec le Mvet un instrument traditionnel du Cameroun



François Essindi, avec Jimi Sofo vous sortez un deuxième album dites nous de quoi il s'agit?
Le travail que nous avons abordé en 2006 se poursuit. Nous préparons la sortie du deuxième album qui n'a pas encore vraiment trouvé de nom. Mais cela ne tardera pas et ce sera certainement entre "Modern Slavery" dont le clip est déjà tourné et "Ho hi yo ho!"

Même si l’album n’est pas encore sorti, son titre phare Modern Slavery est déjà disponible sur internet, une révolution au niveau du style mais aussi de la thématique est ce le François Essindi engagé?
Le François Essindi avant-gardiste? Engagé? Oui mais dans la simplicité. Je veux juste faire la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel de mon pays, de mes ancêtres, faire connaître ces instruments en voie de disparition, et les mettre en contact, en fusion avec des instruments modernes ou d'autres cultures tout en m'inspirant des mélodies, contes, chantefables d'autrefois. Cette musique met en exergue la culture camerounaise. Refaire danser les gens d'aujourd'hui sur ces bases rythmiques, provoquer, évoquer et même invoquer cette transe d'antan autour d'un feu de bois. Je crois qu'un artiste se doit d'oeuvrer pour son pays, sa culture. Si c'est cela être engagé, j'en suis fier, mais je ne fais que ce que je crois être normal. Porter sa culture, la partager, la transmettre au plus grand nombre...Surtout en ces temps où les pays africains croulent sous le poids des révolutions. Je crois et espère que la culture a un très grand rôle à jouer pour calmer les esprits.

Sur le clip, on est frappé par la misère du peuple africain qui se dégage de certaines images;au regard du titre (l’esclavage moderne) quel est le message que vous voulez faire passer?
Le message reste le même, la simplicité est la façon par laquelle on peut éviter de tomber dans cet esclavage moderne. C'est quoi l'esclavage moderne pour nous? c'est la misère de ceux qui n'arrivent pas à apprécier ce qu'ils ont. Ce sont ces enfants dans la rue ayant perdu toutes ou presque traces de leur famille. C'est celui qui dort dehors alors que dans son village, il y'a des cases vides, c'est celui dans le quartier qui attend la nuit pour aller à la chasse du porte monnaie d'autrui. Mais au juste qui est misérable? La musique d'Abakuya est une peinture qui peint et crée un excursus entre la société d'hier d'aujourd'hui et celle de demain. La musique d'Abakuya chuchote "Restez à la Base..."


© journalducameroun.com

Dans le titre "Modern Slavery", il y a peu de paroles et lorsqu’il y en a elles sont mélancoliques et dominées par des cris, pour qui pleurez vous?
Modren Slavery est un titre qui introduit ce qui se passe en l'Afrique, en Haïti. Bref, vous voyez les problèmes des droits de l'homme, de l'enfant...je vous explique les premiers mots: Me be yi ya a nseng, mveng ya doung hé yéléééééé; (J'ai regardé dehors, il risque de pleuvoir). Loocking to the window, rain keeps folling (J'ai regartdé par la fenêtre, il pleut déjà) Loocking to Africa, Mothers keep crying. (En regardant vers l'Afrique, Mères ne pleurez plus). Locking to Haïti, crying, crying Ké yééééééééé. (J'ai regardé Haïti, que des pleurs, des pleurs et des pleurs...) Dites moi, avec un message comme celui-ci, vous voulez bien que je chante en pouffant de rire. Je pleure...Le temps est grave et quand je dis grave c'est vrai que dans notre société traditionnelle, c'est à travers des musiques et des instruments que beaucoup de messages passaient. Moi, je chante l'Afrique, je pleure l'Afrique quand il le faut, je l'honore et je l'exhorte au courage car la route est encore longue, à la détermination parce qu'il faut que les choses changent en bien. Mais dans la compréhension. C'est pour cela il faut être simple.

Sur un plan strictement musical, quelle est la nouveauté que vous introduisez lorsqu’on connait votre goût prononcé pour l’évolution de votre art?
A part le nouvel instrument "Le Mvet fou" je passe toujours par des pédales d'effets le mvet et le Ngomo. J'invite M. Binda Ngazolo dans un titre joué avec Trois Sanza (Pianos à pouces). Le tam-tam d'appel est toujours au rendez-vous dans la musique d'Abakuya. Jimi le bassiste australien s'est aussi mis au tam-tam d'appel, c'est la preuve que la collaboration est bonne...Et nous avons enfin trouvé le style de musique dans lequel Abakuya va évoluer. La "Tribal Trad. Transe Underground"


© journalducameroun.com

Est-ce que vous avez déjà programmé la tournée de présentation de cet album?
Plus que jamais déterminé, nous travaillons actuellement pour la présentation du disque au Cameroun d'ici la fin de l'année 2011. Nous avons quelques concerts à Paris (Participation au festival Reflets d'Afrique à Tremblay le 8 et 10 juin), (Une carte Blanche le 25 juin au 59 de la rue de Rivoli à Chatelet à paris), (Un concert le 1er juillet à l'Alimentation Générale à Paris), (une participation à la clôture du festival de conte de Vassivières en août...) La suite viendra certainement

Où peut-on déjà se procurer votre dernière production?
Pour le moment, nous avons six titres du prochain Cd dans un étuit que nous vendons lors de nos concerts. Pendant ce temps, nous travaillons très dur pour la promotion et pour trouver distributeurs au Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, pays avec qui nous partageons l'Art du Mvet, du Ngomo, Flûtes pygmées et coquille d'escargot. Nous cherchons aussi ailleurs. C'est pour cela que je lance un vibrant appel à tous. Seuls nous n'y pouvons pas grand' chose, donc nous avons besoin de toutes les mains. Je remercie le journal du Cameroun, je remercie le travail acharné de Mélanie Schavann, la chargé de Production du groupe Abakuya. Et je condamne la piraterie qui mine mon pays et bien d'autres encore.
- Le Journal du Cameroun


"François Essindi"

ABAKUYA
After catapulting into the global world, folk and jazz music scenes with concerts in festivals and venues from Switzerland to Cameroon, Portugal to Germany, Denmark, Belgium and France, ABAKUYA are heading towards another season of touring promising to deliver some of the most mesmerising and enchanting concerts of 2009.

Since their 2006 debut with an exchange program run by the Akiba Association in Cameroon, Paris-based African meets Western music project ABAKUYA has only strengthened their craftsmanship, their musical traits remaining the same: enchanting, transporting and invigorating long past the final notes resonate on stage, the audience float on smiling and the festival packs up.

Traditional/world/folk/jazz fusion outfit, the incomparable ABAKUYA is also the voice of a sacred and endangered music. Inspired by Cameroonian oral tradition and created by renowned musician and Bulu storyteller FRANCOIS ESSINDI, in collaboration with consummate Australian musician and composer JIMI SOFO, ABAKUYA’s music is the result of a search for the healing elements of polyphonic traditional music from central Africa, specifically the Ekang and le Bal (pronounced Bol) with their fascinating histories.

By presenting traditional music in a contemporary format, the group allows global audiences access to these sacred sounds. In the universe of ABAKUYA, Essindi, Sofo and regular guest musicians present the acoustic and electric bass, violin, accordion and drums weaved magically with traditional voice, percussion, and instruments such as the mvet, and the ngômo (central African harps).

Following the successful release of their debut album PRIMITIVE LOVE in 2008, ABAKUYA are now finalising their bookings and gearing up for festivals and concerts in 2009/ 2010.
- Cameroon Tribune


Discography

Auto prod:

2008- Cd Primitive love.

2010- Cd Abakuya Ep

Photos

Bio

A storyteller from the Bulu world, François Essindi is more than ever an Artist, who never stops exploring new ways through his writing that might have been lost forever, innovating at the same time the approach and the quality of Cameroonian rhythms.
Sofo Jimi :
An Australian Bass player and music writer, Jimi Sofo is an inspired globe-trotter, bringing his ears and instruments through the whole world. His playing is full of poetry, free and ludic.
www.jimisofo.com