catcha

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BandPopSinger/Songwriter

"a song is only as good as its performance"

Band Press

«Catcha», rock made in CH – swissinfo/Bernard Léchot

«Catcha», rock made in CH
Catcha, alias Tob & Chris. Un groupe qui en veut.

La programmation du Paléo Festival de Nyon comportait cette année une
dizaine d'artistes ou de groupes suisses. Parmi eux, les anglo-genevois de «Catcha».

Le Paléo Festival de Nyon constitue évidemment un tremplin de taille pour les groupes helvétiques, qui ont en général bien des difficultés à exister dans leur propre pays. Que ce soit sur scène, ou sur les ondes des médias électroniques.

Depuis toujours, le Paléo Festival en propose plusieurs à chaque édition.
Mais avec discrétion: en général, ils sont programmés sous le club-tent, en fin d'après-midi, alors que la foule n'a pas encore déferlé sur le terrain de l'Asse.

Mépris des organisateurs? Prudence, plutôt, rétorquent ces derniers. Car
programmer un artiste suisse peu connu sur une scène plus importante, ce serait lui faire prendre le risque de jouer devant un public clairsemé et peu motivé, et donc «l'envoyer au casse-pipe». C'est sans doute vrai. Encore qu'un effort de mise en valeur pourrait être fait.

Cette année, les artistes helvétiques étaient une dizaine, entre chanson,
hip-hop, reggae, et pop-rock. C'est à cette dernière catégorie qu'appartient le groupe genevois «Catcha».


La pêche!
«C'était vraiment de l'adrénaline pour nous!», s'enthousiasme Tob May, à propos de leur passage. «Bonne ambiance!» renchérit Chris Drew. Quelques heures après leur prestation, leurs yeux brillent encore: ils ont joué à Paléo (www,paleo.ch), rempli le club-tent, et cela a plutôt bien marché.

Tob et Chris sont tous deux chanteurs et guitaristes. Ils se connaissent depuis l'école, cela fait dix ans qu'ils croisent leurs guitares. «Tout de suite, on s'est plus à jouer ensemble parce qu'on comprenait la musique de la même manière... d'une manière puissante», précise Chris. «L'essence de Catcha, c'est un duo acoustique», ajoute-t-il. Et cela même si en concert, «Catcha» électrifie copieusement son propos.

Autres points communs: ils sont «expat'». Les parents de l'un comme de l'autre sont Anglais. «Par rapport à nos chansons, cela nous a servi de
raccourci. On écrit et on chante en anglais, ce sont nos origines. Et puis
la musique anglo-saxonne, c'est celle avec laquelle on a grandi».

En route pour le miracle?
Le tempérament helvétique est souvent dûment pesé, mesuré. On s'investit, mais 'sans se la jouer'. Surtout ne pas avoir l'air d'avoir la grosse tête. Sur scène, Chris et Tob, eux, n'hésitent pas à en faire un maximum, voire à frimer, très 'rock n'roll attitude'...

«Un concert comme Paléo, cela représente tellement d'attentes qu'on se lâche», répond Tob. Son alter-ego va plus loin: «Il ne faut pas être stupide. On n'est pas sur une scène que pour le plaisir de la musique. Il y a une envie de communiquer. Sinon on resterait dans nos chambres».

Il faut ajouter qu'en concert, les deux jeunes loups ont de quoi se sentir portés: à leurs côtés, le bassiste John McKenzie, qui a travaillé avec David Bowie, et le batteur Blair Cunningham, qu'on a pu entendre derrière Eurythmics ou Paul McCartney. Rien que ça.

Encore plus fort: pour «Catcha», John McKenzie a carrément démarché les maisons de disque londoniennes, et leur a dégoté un contrat chez «Lotus Records». Leur premier véritable album devrait paraître à la fin de l'année.


Un conte de fée? «Ce qu'on veut, c'est poursuivre notre rêve. Faire des
concerts, communiquer avec un maximum de gens. Je suis né pour faire de la musique, je le sais», constate Chris. Mais cela pourrait être Tob. Leur communauté de vue semble proportionnelle à leur ambition et à leur enthousiasme.

swissinfo/Bernard Léchot